LE travail avec les familles : espace famille et partenariats
L’accompagnement de toutes les visites des familles demeure un pilier central de notre projet institutionnel.
Le travail mené par l’Espace Familles permet de soutenir la parentalité, de restaurer les liens et, lorsque cela est possible, de préparer des retours en famille. Cela permet aussi, quand les parents ne sont pas capables de se mettre au travail et qu’on ne s’oriente pas a priori vers un projet de retour en famille, d’accompagner l’enfant dans la compréhension de sa réalité familiale.
Lorsqu’on parvient à créer de la collaboration avec les parents, les retours en famille se passent majoritairement bien.
— Catherine Macé, directrice de la Pouponnière
Instaurer un climat de confiance est un travail de longue haleine. Les enfants ont besoin d’expérimenter, dans la durée, des relations sécurisantes avec des adultes qui fonctionnent autrement. Lorsqu’ils prennent conscience que ce qu’ils ont vécu n’est ni normal ni de leur faute, et qu’ils ont le droit de devenir des adultes différents de leurs parents, un processus puissant de déculpabilisation et de reconstruction peut s’enclencher. Chaque jour, nous leur transmettons ce message : ici, tu es en sécurité, tu peux apprendre, tu peux choisir de faire autrement.
— Patricia Bastien, directrice pédagogique de l’Estacade
À la crèche, l’accueil d’enfants issus de familles en grande fragilité psychosociale s’intensifie, renforçant la dimension préventive du travail mené dès la petite enfance.
Nous avons au fil du temps tissé une relation de confiance avec certains centres de santé mentale. Ils nous contactent quand un parent suivi chez eux a un enfant en bas-âge. Ils savent que nous pourrons être relais auprès du/des parents en cas de besoin. Récemment, une maman souffrant de stress post-traumatique est venue me trouver car elle était en grande détresse. J’ai pu l’écouter et l’apaiser, et ensuite, à sa demande, contacter le service de santé mentale pour que son prochain rdv soit avancé.
— Mina Mboko, directrice de la Crèche
Par ailleurs, plusieurs projets de famille d’accueil et d’adoption ont pu aboutir, notamment un projet d’adoption d’un enfant âgé de huit ans, ce qui est extrêmement rare.
L’adoption reste une procédure extrêmement rare et lourde en Belgique. Chaque projet est une victoire, mais aussi un combat. Pour ce qui est des familles d’accueil, c’est très compliqué aussi. Certains enfants ont des troubles qui ne leur permettraient pas de s’attacher dans une famille d’accueil, pour d’autres ce serait un projet bénéfique mais il n’y a pas de famille d’accueil disponible. C’est alors très difficile pour tout le monde : pour l’enfant, pour nous et même pour la famille d’origine.
— Catherine Macé, directrice de la Pouponnière
C’est seulement la deuxième fois de toute ma carrière qu’un projet d’adoption aboutit pour un enfant âgé de 8 ans. Dans ce cas précis, le papa est absent et la maman a demandé une adoption. Un long travail d’expertise a été nécessaire pour déterminer l’adoptabilité de l’enfant et l’accompagner dans la compréhension de son histoire familiale. Avant toute adoption, un travail préparatoire de plusieurs mois est indispensable. Les rencontres avec la famille adoptante se font progressivement, au rythme de l’enfant, et la séparation avec l’institution est soigneusement accompagnée.
Avec les bébés, les transitions peuvent être relativement rapides ; avec les enfants plus âgés, elles doivent être beaucoup plus progressives, autant pour soigner le lien à construire que celui de la séparation.
— Patricia Bastien, directrice pédagogique de l’Estacade




